De nouveau du salaire garanti pour maladie en cas de rechute après minimum 20 semaines de reprise partielle avec l’accord du médecin-conseil de la mutuelle

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Lorsqu’un travailleur reprend partiellement le travail après une période d’incapacité totale avec l’accord du médecin-conseil de la mutuelle et qu’il est de nouveau totalement inapte au travail pendant cette période, l’employeur devra lui reverser un salaire garanti pour les jours de maladie tombant après 20 semaines de reprise partielle.


La loi du 30 octobre portant des dispositions diverses relatives à l’incapacité de travail modifie les règles de non-paiement de salaire garanti en cas de rechute dans le cadre d’une reprise partielle après une incapacité complète. La neutralisation du salaire garanti sera limitée à 20 semaines, de sorte que les jours de maladie après cette période de 20 semaines donneront de nouveau droit au salaire garanti. Ceci ne concerne que des prestations avec l’accord du médecin-conseil de la mutuelle. La neutralisation ne s’applique donc qu’aux reprises partielles dans ce cadre.

Cet article a été écrit sur la base des informations actuellement en notre possession. Cette nouvelle règle s’applique à tous les jours d’incapacité à partir du 28 novembre 2022 en raison d’une rechute survenant avant ou après cette date et pouvant donner droit au salaire garanti.

1. Le salaire garanti

Lorsque le travailleur est en incapacité pour cause de maladie (autre qu’une maladie professionnelle) ou un accident de droit commun, il peut bénéficier d’un salaire garanti.

 

 

Salaire garanti

Ouvrier avec un mois d’ancienneté minimum :

 

  • du 1er au 7e jour calendrier : 100 % du salaire brut (disposition légale)
  • du 8e au 14e jour calendrier : 85,88 % du salaire brut (disposition légale)
  • du 15e au 30e jour calendrier : 25,88 % du salaire brut limité au plafond INAMI (disposition CCT)

Employé engagé pour une durée déterminée de moins de trois mois ou pour un travail clairement défini qui ne durera pas plus de trois mois, pour autant que l’employé a un mois d’ancienneté minimum

 

  • du 1er au 7e jour calendrier : 100 % du salaire brut (disposition légale)
  • du 8e au 14e jour calendrier : 85,88 % du salaire brut (disposition légale)
  • du 15e au 30e jour calendrier 26,93 % du salaire brut limité au plafond INAMI (disposition CCT)

Employé engagé pour une durée indéterminée, pour une durée déterminée de trois mois minimum ou pour un travail clairement défini qui durera au moins trois mois

  • du 1er au 30e jour calendrier : 100 % du salaire brut (disposition légale)

 

2. Salaire garanti en cas de nouvelle incapacité de travail

Si un travailleur, après avoir repris normalement son travail, est de nouveau en incapacité pour la même maladie ou le même accident (c’est-à-dire s’il fait une rechute) l’employeur n’est pas tenu de lui payer à nouveau un salaire garanti si la rechute a lieu dans les 14 premiers jours calendrier suivant la période d’incapacité initiale pendant laquelle il a dû verser un salaire garanti. S’il reste un solde de salaire garanti de la première période d’incapacité, l’employeur doit encore le payer.

L’employeur devra par contre verser un nouveau salaire garanti au travailleur s’il rechute en dehors de cette période de 14 jours ou si les raisons de la nouvelle incapacité de travail sont différentes.

3. Salaire garanti en cas de nouvelle incapacité de travail après une reprise partielle avec l’accord du médecin-conseil de la mutuelle : situation actuelle

Si un travailleur recommence à travailler dans le cadre d’une reprise partielle avec l’accord du médecin-conseil de la mutuelle et que son état s’aggrave au cours de cette reprise, de sorte qu’il se retrouve de nouveau en incapacité totale (autrement dit, il rechute) ou s’il se retrouve en incapacité totale pendant cette reprise partielle pour une autre raison, l’employeur n’est pas tenu de lui verser un salaire garanti pour ces jours d’incapacité.

La mutuelle prendra de nouveau en charge le travailleur, même si l’employeur n’avait pas encore versé l’intégralité du salaire garanti avant la reprise du travail, laissant ainsi un solde ouvert. Autrement dit, dans ce cas de figure, l’employeur n’est pas obligé de verser le solde du salaire garanti au travailleur.

Par conséquent, pendant la période de reprise partielle avec accord du médecin-conseil, les règles relatives au versement d’un salaire garanti pour les jours d’incapacité ne s’appliquent pas.

4. Salaire garanti en cas de nouvelle incapacité de travail après une reprise partielle avec accord du médecin-conseil de la mutuelle : situation à partir du 28 novembre 2022

4.1. Nouvelle règle

Les règles relatives au paiement du salaire garanti pour les jours d’incapacité ne s’appliquent plus durant l’ensemble de la période de reprise partielle avec accord du médecin-conseil, mais uniquement pendant une période de 20 semaines à compter de cette reprise partielle

4.2. Quel salaire garanti ?

Cette nouveauté concerne aussi bien le salaire garanti selon les dispositions légales (loi du 3 juillet 1978) que le salaire garanti selon les dispositions CCT (CCT n° 12 et 13 du CNT).

4.3. Quelles conséquences ?

4.3.1. Pour les jours de nouvelle incapacité de travail qui se trouvent toujours dans la période de salaire garanti, mais qui tombent dans les 20 premières semaines après le début de la reprise partielle avec accord du médecin-conseil de la mutuelle

L’employeur ne doit pas verser de salaire garanti.

Exemple :

  • L'employé reprend partiellement le travail avec accord du médecin-conseil de la mutuelle le 5 décembre 2022;
  • Il est à nouveau en incapacité de travail du 27 mars au 2 avril 2023 inclus;
  • Pas de salaire garanti pour les jours entre le 27 mars et le 2 avril 2023 qui se trouvent dans la période du salaire garanti (du 1er au 30e jour calendrier), car ils tombent dans la période de 20 semaines après le début de la reprise partielle avec accord du médecin-conseil.

4.3.2. Pour les jours de nouvelles incapacités de travail qui se trouvent toujours dans la période de salaire garanti, mais qui tombent après les 20 premières semaines qui suivent le début de la reprise partielle avec accord du médecin-conseil de la mutuelle.

L’employeur doit verser un salaire garanti pour tous les jours de maladie

Exemple :

  • L'employé reprend partiellement le travail avec l’accord du médecin-conseil de la mutuelle le 5 décembre 2022;
  • Il est à nouveau en incapacité de travail du 15 mai au 30 juin 2023 inclus;
  • Salaire garanti pour les jours entre le 15 mai et le 13 juin qui se trouvent dans la période du salaire garanti (du 1er au 30e jour calendrier), car ils tombent après les 20 premières semaines qui suivent le début de la reprise partielle avec accord du médecin-conseil.

Si, en raison d’une rechute après le début de la reprise partielle, il reste des jours d’incapacité de travail qui se trouvent encore dans la période de salaire garanti et qui tombent aussi bien avant qu’après les 20 premières semaines suivant le début de la reprise, l’employeur devra payer le solde du salaire garanti uniquement pour les jours d’incapacité après les 20 premières semaines.

Exemple :

  • L'employé reprend partiellement le travail avec l’accord du médecin-conseil de la mutuelle le 5 décembre 2022.
  • Il est à nouveau en incapacité de travail du 3 avril au 7 mai 2023 inclus.
  • Pas de salaire garanti pour les jours d’incapacité entre le 3 et le 23 avril 2023 qui se trouvent dans la période du salaire garanti (du 1er au 21e jour calendrier), car ils tombent dans la période de 20 semaines qui suivent le début de la reprise partielle ;
  • Solde du salaire garanti à verser pour les jours entre le 24 avril et le 2 mai 2023 qui se trouvent dans la période de salaire garanti (du 22e au 30e jour), car ils tombent après les 20 premières semaines qui suivent le début de la reprise partielle.

4.3.3. Et en cas de nouvelle incapacité de travail avant l'entrée en vigueur de la nouvelle règle?

Comme déjà mentionné, cette nouvelle règle s’applique à tous les jours d'incapacité de travail à partir du 28 novembre 2022 peu importe que cette incapacité débute avant ou après le 28 novembre 2022 (date d’entrée en vigueur de la nouvelle règle).

Exemple:

  • Un ouvrier a repris partiellement le travail avec l’accord du médecin-conseil de la mutuelle le 5 septembre 2022.
  • Il retombe malade du 21 novembre au 18 décembre 2022 inclus
  • Pas de salaire garanti pour les jours d’incapacité entre le 28 novembre et le 18 décembre 2022 qui surviennent après l’entrée en vigueur de la nouvelle règle (28 novembre 2022) et dans la période du salaire garanti (du 8e au 28e jour calendrier), car ils tombent dans la période de 20 semaines qui suivent le début de la reprise partielle.

Si, suite à une nouvelle incapacité après le début de la reprise partielle avec accord du médecin-conseil de la mutuelle, on trouve des jours d’incapacité dans la période de salaire garanti qui sont situés après les 20 premières semaines qui suivent la reprise partielle, mais qu’il y a des jours avant et après l’entrée en vigueur de la nouvelle règle, l’employeur ne devra payer le solde du salaire garanti que pour les jours d’incapacité après les 20 premières semaines.

Exemple :

  • Un ouvrier a repris partiellement le travail avec l’accord du médecin-conseil de la mutuelle le 2 mai 2022.
  • Il retombe malade du 21 novembre au 18 décembre 2022 inclus
  • Pas de salaire garanti pour les jours d’incapacité de travail du 21 au 27 novembre 2022 qui se trouvent dans la période de salaire garanti (du 1er au 7e jour) et après les 20 semaines qui suivent le début de la reprise partielle, car ils sont antérieurs à la date d’entrée en vigueur de la nouvelle règle (28 novembre 2022) ;
  • Solde du salaire garanti pour les jours entre le 28 novembre et le 18 décembre 2022 qui se trouvent dans la période du salaire garanti (du 8e au 28e jour), car ils se situent après les 20 premières semaines qui suivent la reprise partielle avec l’accord du médecin-conseil et après la date d’entrée en vigueur de la nouvelle règle (28 novembre 2022).

4.3.4. Nouvelles périodes d’incapacité après 20 semaines de reprise partielle avec accord du médecin-conseil de la mutuelle.

À la fin de la période de 20 semaines suivant le début de la reprise partielle avec accord du médecin-conseil, toute nouvelle période d’incapacité due à une maladie ou à un accident survenant dans le cadre de l’autorisation de reprise partielle en cours sera soumise à un éventuel salaire garanti selon les règles existantes (voir point 2 ci-dessus). Par conséquent, des périodes successives d’incapacité donneront droit, ou non, au salaire garanti après application des règles habituelles prévues en cas de rechute.

Ce sera aussi le cas si le nombre d’heures de reprise augmente dans le cadre d'une reprise partielle en cours avec l'accord du médecin-conseil de la mutuelle.

4.3.5. Quand commence une nouvelle période de 20 semaines?

Une nouvelle période de 20 semaines à partir du début de la reprise partielle du travail avec accord du médecin-conseil de la mutuelle dans laquelle la nouvelle règle de rechute sera appliquée ne recommencera que si le travailleur reçoit un nouvel accord du médecin-conseil de la mutualité pour reprendre partiellement le travail après une rechute.

4.3.6. Retour au travail en cas d'emploi chez un autre employeur

La nouvelle règle s'applique également au travailleur qui, dans le cadre d'une reprise partielle du travail avec l'accord du médecin-conseil de la mutuelle, est engagé dans un contrat de travail à temps partiel pour un travail adapté auprès d'un autre employeur et devient inapte au travail.

Dans ce cas, le salaire garanti à verser pour les jours de maladie survenant après 20 semaines de reprise du travail chez l'autre employeur est égal au salaire des heures pour lesquelles il aurait dû travailler chez cet autre employeur. Les autres jours continuent à être indemnisés par la mutuelle. 

5. Entrée en vigueur

Cette mesure entrera en vigueur le 10e jour après la publication du texte au Moniteur belge, soit le lundi 28 novembre 2022.

Source : Loi du 30 octobre 2022 portant des dispositions diverses relatives à l’incapacité de travail, Moniteur belge du 18 novembre 2022.